Mieux connaître et mieux comprendre l’Islam.

En choisissant le nom de Bilal pour ce blog,  je me réfère bien évidemment à cette extraordinaire personnalité que fut ce compagnon du Prophète Muhammad (Sur lui le Salut et
la Paix). Esclave libéré par Abou Bakr, il symbolise l’âme libérée elle-même de la dictature de l’égo et qui devient alors une source de Paix et d’Amour pour les autres, un appel à la prière du coeur, au
souvenir de Dieu, et à la connaissance de Soi.

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Je suis un simple musulman aimant sa religion et qui, à ce titre, invite ceux que cette religion intéresse à s’interroger sur elle afin de mieux la connaître et la comprendre. 

S’il y a du bon dans ce que j’écris, j’en rends grâce à Dieu. Dans le cas contraire, ce que j’écris n’engage que moi et Dieu est plus savant. 

23 avril, 2007 à 14:19 | Commentaires (9) | Permalien


Fondamentalisme et fondements de l’Islam

FONDEMENT 1

Nous avons tous la même origine divine car nous sommes créés à partir d’une âme unique.

Sur quel fondement l’Islam s’est-il édifié ? Quelle valeur a t-il mis en avant par la vie de son Prophète (sur lui le Salut et la Paix) ? Il est important de se poser ce genre de questions pour s’imprégner de ce qu’est fondamentalement cette religion. Le premier fondement qui me vient est le suivant, nous sommes tous issus, en tant qu’humanité, d’une âme unique. C’est ce que dit clairement le Koran dans ce verset :

« Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être [en arabe : " à partir d'une âme unique], et a créé de celui-ci sont épouse , et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement. » (Sourate 4 – Les femmes, verset 1)

Ainsi, nous sommes, ontologiquement, dans notre être le plus profond même, dans notre nature spirituelle, tous frères et soeurs.  C’est le fondement de la véritable Fraternité : nous avons la même origine, aussi différents que nous pouvons être à l’extérieur – couleur, taille, âge, … – à l’intérieur – croyance, savoir, idéologie, goûts, … -, nous sommes essentiellement pareils !

C’est pourquoi le Koran va jusqu’à dire :

 » […] Celui qui tue un homme, c’est comme s’il tuait toute l’humanité. De même celui qui le sauve, c’est comme s’il sauvait tout le genre humain […] « . (Sourate 5 – La table servie, verset 32) 

C’est donc un point de départ très fructueux pour une réflexion appofondie sur ce que chacun d’entre nous est en tant que faisant partie d’une humanité si diverse et pourtant UNE.

16 avril, 2012 à 20:25 | Commentaires (0) | Permalien


Fondamentalisme et fondamentaux (première partie)

L’Islam est une religion qui est avant tout connue, perçue par les gens qui la composent. Elle se retrouve sous les feux des projecteurs des médias dès qu’un évènement  frappant – et donc le plus souvent tragique … – la met en lumière. Mais, en fait, ce n’est pas elle qui est mise en lumière, c’est une personne, un groupements d’individus, qui s’en revendiquent à tort ou à raison. Ainsi, lors de l’affaire Mérah, la question de l’Islam et de ce qu’il est, de ce qu’il n’est pas, est revenue.

Les journalistes eux-mêmes devraient se poser la question de l’information, ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas (certains le font …), à partir de quand elle devient « déformation », bourrage de crâne, propagande, …

Ces quelques réflexions sont écrites simplement pour dire que nous ne prenons pas le temps de la maîtrise d’un sujet. Les questions de posent dans le feu de l’action. C’est une caractéristique de notre époque moderne. On sait ce qu’il faut faire pour éviter le réchauffement climatique mais on ne le fait pas. Ceci aussi bien au niveau collectif qu’individuel : on sait que fumer est mauvais mais on fume quand même. Nous réfléchissons toujours après, jamais avant. C’est sans doute inhérent à la nature humaine puisque cette aspect de l’âme humaine se retrouve dans les anciens mythes tels celui de Prométhée – dont le nom signifie « celui qui réfléchit avant d’agir » – qui avait un frère, responsable des malheurs de l’humanité, qui s’appelait Epiméthée. Est-il besoin de traduire son nom : « celui qui réfléchit après avoir agi » !

Ne serait-il pas possible de parler de l’Islam,  en dehors de ces faits brûlants d’actualité ? Pourquoi ne pas montrer notamment :

- sa grande diversité ce qui permettrait de mettre en avant l’erreur des fondamentalistes qui veulent que l’unité du monde musulman devienne une uniformité. Dans uniformité, il y a « uniforme ». Cela se traduit par une apparence extérieure  - un vêtement, une barbe, un voile, … –  qui serait la seule possible et qui condamnerait automatiquement ceux – et surtout celles ! – qui ne s’y conformeraient pas. Cela tout en oubliant un des fondements de l’Islam qui est une parole du Prophète qui dit : « Dieu ne regarde pas comment vous êtes à l’extérieur mais votre coeur » …

- ses hommes et ses femmes remarquables des temps passés et des temps modernes. Cela permettrait aux jeunes en quête d’identité, de repères d’avoir une plus grande quantité de modèles auxquels s’identifier. Les pauvres n’ont que Ben Laden, Mohamed Mérah, les kamikases Palestiniens, … Une figure extraordinaire comme celle de l’Emir Abdel Kader aurait de quoi exalter les idéaux de la jeunesse de manière positive.

- sa diversité philosophique. Il n’y a pas de pensée unique dans le monde musulman. Les livres, certes un peu difficiles d’Henri Corbin, en montrent l’incroyable richesse, ne serait-ce que dans le domaine du chiisme. Mais il y a en tant d’autres courants de pensée si l’on considère le monde des soufis qui lui non plus n’est pas uniforme. Il n’a été retenu que quatre écoles juridiques officielles (Hanbalisme, Malékisme, Hanifisme et Chafiisme) mais il y en a eu bien d’autres …

- sa richesse artistique et même au niveau musical – selon certains mouvements fondamentalistes, elles serait haram, interdite …

- sa contribution immense au progrès dans le domaine scientifique.

L’Islam, à ses débuts, a été un formidable stimulant dans tous les domaines ce qui lui a permis à la communauté musulmane, la Umma, de se développer à une vitesse extraordinaire parce qu’elle avait des valeurs humaines très développées. Imaginons un seul instant que ces mouvements fondamentalistes, avec leur étroitesse d’esprit et qui prétendent retourner aux fondements de l’Islam, aient été ces premiers musulmans ! L’Islam ne serait jamais sorti de la péninsule arabique. Seuls certains spécialistes de l’histoire en parleraient dans des ouvrages qui ne seraient lus que par leurs pairs !  Quelle architecture pourrait sortir de la pensée d’un homme nourri à « l’enseignement » des talibans ? Un cube en béton avec des barreaux peut-être …

Il est donc urgent de rechercher les fondamentaux de la pensée musulmane qui a permis à sa communauté de rayonner sur le monde aux temps glorieux de son histoire pas si ancienne que cela. Nous n’en comprendrons que mieux pourquoi, aujourd’hui, sa situation est si calamiteuse.

7 avril, 2012 à 14:22 | Commentaires (0) | Permalien


Dieu et le divin

Une distinction d’une importance essentielle, surtout par les temps qui courent, est à faire. Celle entre Dieu et le divin. Cette distinction s’accompagne de quelques autres tout aussi importantes : religion institutionnelle et spiritualité, exotérisme et ésotérisme. Dieu est associé à une religion ; le divin est au-delà de toute religion. Tout comme la véritable spiritualité ou le véritable ésotérisme. En ce sens, ils sont difficiles et même, impossibles à saisir par le mental. Ils ne peuvent être que sentis ou pressentis au fond du cœur de chacun.  Cependant, en chaque religion, il y a cette ouverture sur le divin. Si l’on prend l’islam nombre de versets font apparaître cette distinction comme le montre le tableau suivant : 

Dieu – Le religieux – L’exotérisme 

Le divin – Le spirituel – L’ésotérisme 
144. Certes nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages. Certes, ceux à qui le Livre a été donné savent bien que c’est la vérité venue de leur Seigneur. Et Allah n’est pas inattentif à ce qu’ils font. 148. A chacun une orientation vers laquelle il se tourne. Rivalisez donc dans les bonnes œuvres. Où que vous soyez, Allah vous ramènera tous vers Lui, car Allah est, certes Omnipotent.  149. Et d’où que tu sortes, tourne ton visage vers la Mosquée sacrée. Oui voilà bien la vérité venant de ton Seigneur. Et Allah n’est pas inattentif à ce que vous faites. 150. Et d’où que tu sortes, tourne ton visage vers la Mosquée sacrée. Et où que vous soyez, tournez-y vos visages, afin que les gens n’aient pas d’argument contre vous, sauf ceux d’entre eux qui sont de vrais injustes. Ne les craignez donc pas; mais craignez-Moi pour que Je parachève Mon bienfait à votre égard, et que vous soyez bien guidés ! (Sourate  2) 

115. A Allah seul appartiennent l’Est et l’Ouest. Où que vous vous tourniez, la Face (direction) d’Allah est donc là, car Allah a la grâce immense; Il est Omniscient. (Sourate  2)
31. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès.  26. Ô enfants d’Adam ! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures. – Mais le vêtement de la piété voilà qui est meilleur. – C’est un des signes (de la puissance) d’Allah. Afin qu’ils se rappellent. (Sourate 7) 
110. Et accomplissez la Salat et acquittez la Zakat. Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès d’Allah, car Allah voit parfaitement ce que vous faites. (Sourate 2)  45. [Début du verset] Récite ce qui t’est révélé du Livre et accomplis la Salat. En vérité la Salat préserve de la turpitude et du blâmable. (Sourate 29)  45. [Fin du verset] Le rappel d’Allah est certes ce qu’il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous faites. (Sourate 29)  [En arabe, le verset dit que la Prière rituelle accomplie 5 fois par jour est importante mais que le souvenir de Dieu est encore plus grand.] 
179. C’est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d’intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. (Sourate 2)  178. Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. Mais celui à qui son frère aura pardonné en quelque façon doit faire face à une requête convenable et doit payer des dommages de bonne grâce. Ceci est un allégement de la part de votre Seigneur et une miséricorde. Donc, quiconque après cela transgresse, aura un châtiment douloureux. (Sourate 2) 

Beaucoup d’autres versets sont à placer dans la colonne de gauche. La lecture de ce tableau montre donc à l’évidence que les versets concernant le divin sont beaucoup moins nombreux. Ce qui est tout à fait normal. Cela fait partie de la pédagogie divine qui suggère, éveille doucement l’homme à sa nature spirituelle qui est sa nature profonde et réelle.   Ainsi l’homme est toujours appelé à réfléchir, à méditer sur les recommandations divines. Il doit toujours faire l’effort intellectuel pour adapter les injonctions divines aux conditions de vie qui sont les siennes dans un lieu donné et à un moment donné. Le juste milieu est la voie droite. Les extrêmes ne sont jamais bons. Il faut appliquer la science de la balance : peser le pour et le contre.  Par exemple, concernant le vêtement, une tenue décente convient parfaitement aussi bien pour l’homme que pour la femme. Il n’y a pas de tenue musulmane « officielle » qui devrait être adoptée par tous les pays musulmans. L’unité n’est pas l’uniformité. Une femme non voilée peut être beaucoup plus proche de Dieu qu’une qui porte le prétendu voile islamique. Ce qui compte comme le dit le Coran, c’est la crainte révérencielle de Dieu, la piété,  at taqua (Sourate 7, verset 26). Le Coran affirme ainsi la primauté du spirituel sur le religieux, sur toute loi religieuse qui n’est que temporaire et doit toujours être réajustée selon l’époque et le lieu. 

Voyons encore l’obligation de se tourner vers la Maison Sacrée ou la Kaaba de la Mecque. Il y a encore d’autres versets que ceux que j’ai cités pour l’imposer. C’est en effet très important pour le monde musulman. Cela lui confère une unité indispensable du point de vue du rituel. De plus il y a un aspect symbolique extrêmement important qui rattache ce temple à l’origine de la Prophétie, à Adam (sur lui la Paix), qui a été rappelé et renouvelé par Abraham (sur lui la Paix). J’en reparlerai, s’il plaît à Dieu … Cependant, se tourner vers la qibla et oublier que la face de Dieu est partout, c’est toujours finir par se centrer sur sa tradition et nier les autres : c’est oublier que la vérité n’appartient à personne et c’est le début de l’intégrisme. Le Coran rappelle encore ici que la Vérité n’appartient à personne. Le fait d’être musulman, de prier à l’heure, de se tourner vers la Qibla, …, n’est rien si le Cœur n’y est pas. Un rite n’est jamais un but en lui-même. Il n’est qu’un moyen, certes privilégié, qui permet à l’âme humaine de se relier à son origine divine. Dieu seul est l’absolu Un, Unique comme le martèle le Coran à chaque page. Faire du rite un deuxième absolu, c’est tomber dans l’associationnisme, le shirk

15 décembre, 2008 à 13:18 | Commentaires (0) | Permalien


Le NOUS de la Fatiha (suite de l’article précédent)

Il peut être interprété de plusieurs façons.
Tout d’abord, c’est le nous collectif de l’Imam (= « Celui qui se tient devant ») quand il dirige une prière en groupe. Il est alors de porte parole de tous ceux qui se tiennent derrière lui.
C’est aussi le nous de la Oumma (= L’ensemble de la communauté musulmane). Celui qui prie seul chez lui est comme le porte parole de la communauté dont il est une partie et qu’il vivifie par ce rite de même que cette dernière le nourrit spirituellement en retour. Il en va de même lors de la salutation traditionnelle. Le musulman salue celui ou ceux qu’ils rencontrent en disant : As salam alaykoum (= Que la Paix soit avec vous). Il lui est alors répondu : Oualaykoum salam (= Et avec vous la Paix). Même si la personne est seule, il lui est dit vous qui est bien un pluriel et non un singulier de politesse ou de respect comme en français. Ce vous est expliqué traditionnellement en disant que la personne n’est jamais seule. Elle est toujours accompagnée de deux anges : celui de la droite qui note ses bonnes actions et celui de la gauche qui écrit les mauvaises. Tout ceci étant consigné sur le livre qui servira le Jour du Jugement dernier.

Ceci m’amène à pointer un élément extrêment important. Je viens de parler des salutations traditionnelles que l’on emploie lorsque l’on se rencontre. Ce n’est pas un simple bonjour. En effet, quand des musulmans qui se sont déjà salués ont prié ensemble (je parle de la prière rituelle ou Salat), ils se saluent encore après cette prière. C’est donc que la prière faite en conscience doit toujours renouveler, transformer celui qui prie au point qu’il doive saluer ceux qu’il a déjà vus. A chaque prière, le Coeur du Croyant doit être de plus en plus en paix et cette paix doit être transmise aux autres. Le Coeur désignant ici l’égo, le nafs (=L’âme charnelle) qui doit être dominé, pacifié, purifié pour pouvoir dans un premier temps être un instrument de Paix dans le monde.

Pour revenir à notre propos, le nous de la Fatiha, quand le musulman prie seul, peut désigner aussi les êtres invisibles qui nous entourent et qui se joignent à cette prière car l’homme tient une place centrale dans l’univers et j’y reviendrai dans un autre article.

10 mai, 2008 à 8:37 | Commentaires (0) | Permalien


Autour de la Fatiha

C’est la sourate que le musulman répète le plus au long de sa vie puisqu’elle doit être récitée au moins deux fois dans toutes les prières rituelles (2 fois dans celle du matin, 4 fois dans celles de midi et de l’après midi, 3 fois dans celle du coucher  et 4 fois dans celle de la nuit) sans même parler  des surérogatoires.  C’est une prière universelle comme le Notre Père des Chrétiens. Voici une traduction de cette prière : 

Sourate 1 AL-FATIHA  Le Prologue ou L’Ouverture  (7 versets – Pré-Hégire) 

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1. Au nom d’Allah [Au nom de Dieu], le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 

2. Louange à Allah [Dieu], Seigneur de l’univers. 

3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, 

4. Maître du Jour de la rétribution. 

5. C’est Toi Seul que nous adorons, et c’est Toi Seul dont nous implorons secours. 

6. Guide-nous dans le droit chemin, 

7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de  ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. 

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Allah est le nom arabe qui signifie Dieu. Les Chrétiens arabophones emploient ce nom dans leur prière. Cependant, je l’ai traduit entre crochets pour faire apparaître l’universalité de cette prière. Elle peut-être dite par le non musulman, par tout Croyant. Comme dans le Notre Père, il est important de remarquer que celui qui prie emploie le pronom NOUS. Qui est désigné par ce pronom ? 

8 mai, 2008 à 6:46 | Commentaires (0) | Permalien


Intégrisme

C’est un mot que l’on associe très souvent à la religion et plus spécialement à l’islam. Ce que je voudrais dire ici, c’est que ce mot désigne une attitude, un penchant typiquement humain qu’on rencontre dans toutes les sphères de ses activités. Une expression qui le caractérise très bien, c’est : « Hors du Christianisme point de salut ». Mais cette expression peut se conjuguer sur tous les modes :

« Hors de la médecine officielle, point de guérison ».

« Hors de la philosophie officielle, point de philosophie ».

« Hors de la civilisation occidentale, point de civilisation ».

En fait, c’est la pensée intégriste qui est à la base de la colonisation, du terrorisme, du mépris de tout ce qui est différent ! La seule réponse à l’intégrisme, à ses dérives, est le respect, la considération de la personne, l’amour pour les autres.

Puissions-nous en ce mois béni, sacré, grandir en amour pour toutes les créatures, pour toute la création, voile de notre Créateur, qui le dissimule et le montre à chaque instant. Puissions-nous retrouver la vue avec l’oeil du coeur !

18 septembre, 2007 à 20:28 | Commentaires (0) | Permalien


Problèmes de traduction

La shahada, c’est-à-dire la profession de foi qu’il suffit de prononcer trois fois devant deux témoins pour devenir musulman, est souvent « traduite » ainsi :

« Il n’y a de Dieu qu’Allah et Muhammad est son Prophète ».

En fait, il faudrait traduire aussi le mot Allah qui est le terme arabe signifiant Dieu afin d’éviter de sous-entendre que celui qui prie en employant un autre nom, dans une autre langue, une autre religion est forcément dans l’erreur. Il serait beaucoup plus juste de dire :

« Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est son Prophète ».

Le même problème se retrouve quant à la traduction d’un verset très souvent cité et qui est traduit ainsi :

« En vérité la religion agrée de Dieu est l’Islam » (Sourate III, verset 19)

Ce qui signifie que toutes les autres croyances sont des erreurs à rejeter ou à combattre. Cependant quand on traduit, il faut traduite tous les mots et le mot islam dans ce verset doit être aussi traduit puisque c’est un mot arabe. Donc, il serait préférable de proposer une traduction du style :

« En vérité, la religion agrée de Dieu est la soumission. »

N’est-ce pas le but de toute religion que de vivre dans la soumission réelle à Dieu, c’est-à-dire de vivre dans l’acceptation de toute ce qui est ?

17 août, 2007 à 11:11 | Commentaires (0) | Permalien


Le Prophète, le Coran et la Sagesse

Un des problèmes majeurs qui se pose aujourd’hui au monde musulman, c’est l’islam et son adaptation au monde moderne et donc la lecture du Coran qui est la source de toute solution pour le musulman. Au XXI° siècle, que peut apporter le message coranique au monde ? Est-il dépassé et doit-on le moderniser ? Faut-il s’y rattacher à la lettre ? A ces questions correspondent deux tendances de l’islam. D’une part, les modernistes pour qui la religion ne doit pas légiférer dans tous les domaines de la vie mais uniquement dans ce qui ressortit à la foi, au rituel qui est tel qu’il a été révélé sans avoir besoin d’y retoucher. En revanche, pour les questions d’héritage, de politique, etc., il n’est pas la peine de s’y référer. D’autre part, les fondamentalistes pensent qu’il faut l’apliquer à la lettre sans rien retrancher. D’où l’insistance sur la Shariah qu’il faut suivre sans se poser de questions et qui contiendrait la solution à tous les problèmes de la vie, quelque soit l’époque et le lieu, de même que les bases nécessaires à l’établissement d’un état islamique. Ce qui pose beaucoup de problèmes quand on considère l’évolution de toute société à travers les âges, tant au niveau technologique qu’au niveau humain.

Quand on lit le Coran, on constate que le sommet de toute chose est le divin. A chaque page, Sa suprématie, Sa grandeur, Son infinité, sont rappelées. Il est de toute éternité et tout Lui est subordonné. Il n’y a aucune commune mesure entre Lui et sa Création. C’est un effet de Sa Miséricorde que d’avoir envoyé des Prophètes pour que les hommes puissent apprendre à Le connaître, à L’aimer, à Le louer, Le prier. Le Prophète Muhammad (sur lui le Salut et la Paix) est le dernier envoyé de Dieu. C’est-à-dire qu’il est le dernier à avoir communiqué aux hommes une Loi à travers un Livre sacré : le Coran, terme qui signifie, la lecture. De ce Livre sacré est extraite la Shariah. Mais il y a beaucoup de confusion autour de ce terme. En effet, contrairement à ce qui est affirmé, la Shariah n’a jamais été appliquée telle que, et prétendre que l’appliquer à la lettre résoudrait tous les problèmes est une absurdité grave. Les Savants ont toujours médité le texte coranique et l’ont adapté selon les  époques et les lieux où ils se trouvaient. Il est donc hors de question d’appliquer une solution toute faite qui serait universelle à tous les maux d’une  société. Vouloir imposer une loi sans l’adapter, la repenser, c’est commettre la même erreur que les colonisateurs qui, en Afrique ou ailleurs, sont arrivés avec un modèle de société qu’ils pensaient bon et valables pour tous : on a vu le résultat et quels désordres cela occasionnent encore aujourd’hui dans les pays touchés.

En islam, il y a l’itsjihad, ou l’effort personnel, qu’il est demandé à tout musulman de mettre en oeuvre pour résoudre une difficulté. Ce qui signifie que la Révélation demande toujours à l’homme qui en prend connaissance d’y réfléchir, de la méditer et non de l’appliquer bêtement. Si la Shariah était vraiment la lecture à la lettre du Coran, il n’y aurait pas plusieurs écoles de jurisprudence différentes (Malékite, Hanbalites, …). Il y a donc la réflexion personnelle mais il y a aussi l’inspiration, le dévoilement. La personne imprégnée de l’amour divin ne lira pas le Coran de la même manière que celui qui a le coeur rempli de haine … Beaucoup de versets parlent de la descente du Coran sur le Prophète qui établit une relation verticale avec le divin.

<< Il a fait descendre sur toi le Livre avec la Vérité >> (Sourate La Famille d’Imran, verset 3)

<< Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d’Allah ! >> (Sourate V, La table servie, verset 15)

<< Nous avons déjà apporté a Moïse et Aaron le Livre du discernement (la Thora) ainsi qu’une lumière et un rappel pour les gens pieux, >> (Sourate XXI, Les Prophètes, verset 48)

<< Notre Seigneur ! Envoie l'un des leurs comme messager parmi eux, pour leur réciter Tes versets, leur enseigner le Livre et la Sagesse, et les purifier. Car c’est Toi certes le Puissant, le Sage ! >> (Sourate II, La Vache, verset 129)

 Je pourrais multiplier les citations encore beaucoup. Ce qu’il est important de remarquer, c’est que le Prophète (Muhammad ou un autre), reçoit certes le Livre, la Révélation mais aussi, et c’est tout aussi essentiel, la Lumière, la Vérité, la Sagesse qui lui permettent de le lire et de l’interpréter avec une conscience illuminée de l’intérieur. Le Coran lu sans sagesse, sans discernement, peut conduire à des horreurs et on ne peut que le déplorer de nos jours dans son instrumentalisation terroriste ou dans la barbarie quotidienne des talibans afghans … On a l’habitude de dire Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Il faut rajouter que Religion sans conscience n’est elle-même que ruine de l’âme.    

2 mai, 2007 à 21:36 | Commentaires (3) | Permalien


Le communautarisme contre l’Humain

Tant que l’on verra les hommes comme étant musulmans, juifs, chrétiens, arabes, palestiniens, américains, africains, indiens, riches, pauvres, puissants, noirs, blancs, jaunes, intelligents, bêtes, gros, maigres, grands, petits,…, et non l’Humain en chacune et en chacun, les conflits continueront de se développer, de s’aggraver et de s’amplifier les uns les autres. 

Avec la mondialisation, nous sommes vraiment dans le temps du verset coranique dans lequel Dieu dit qu’il a créé les hommes en différentes communautés pour qu’ils s’entreconnaissent. Et comment le faire, si ce n’est dans le respect et la considération (le Tadhim)  ?

 Et Dieu est plus savant ! 

30 avril, 2007 à 17:04 | Commentaires (0) | Permalien


Le jugement

Le jugement appartient à Dieu seul. On peut juger les actions de quelqu’un mais en aucun cas juger la personne elle-même. Rappelons nous l’histoire de Moïse-Moussa racontée dans la sourate
La Caverne. Il juge son mystérieux compagnon (Le Khadir) et finit par se mettre en colère après lui : il voyait les actions mais ne percevait en rien les motivations du Khadir qui n’agissait que par la volonté divine, le coeur illuminé par Sa Sagesse et en percevant le plan subtil du Créateur au-delà des apparences trompeuses. 

Juger la personne, c’est se mettre à la place de Dieu. Il faut au contraire essayer de comprendre sans juger ni condamner. C’est ainsi que l’on peut devenir vraiment fraternel avec les autres et leur venir en aide de la meilleure manière qui soit. 

Et Dieu est plus savant ! 

27 avril, 2007 à 17:29 | Commentaires (2) | Permalien


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